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Memomelo

Trouver ses mots

Poème pour la fête des mères : en écrire un soi-même

Un poème recopié se reconnaît en deux vers. Un poème maladroit écrit par toi ne se compare à rien, et c'est exactement ce qui le rend précieux.

Le poème n'a pas à être beau

La plupart des gens renoncent à écrire un poème parce qu'ils se comparent à ce qu'ils ont lu à l'école. C'est une mauvaise référence : personne n'attend un alexandrin, et un texte trop bien tourné éveille même le soupçon d'avoir été copié.

Ce qui touche dans un poème offert, ce n'est pas la qualité littéraire. C'est le fait que quelqu'un se soit assis, ait cherché ses mots, et ait accepté d'être maladroit. La maladresse est une preuve d'effort, pas un défaut à masquer.

Trois formes suffisent, et aucune ne demande de savoir écrire. Elles imposent seulement une contrainte, ce qui est précisément ce dont on a besoin devant une page blanche.

Trois formes et leurs exemples

La première : l'acrostiche. Chaque vers commence par une lettre du prénom. C'est la forme la plus simple, et la contrainte fait tout le travail.

Acrostiche sur AWA

  • A — Assise dans la cuisine, tu écoutes tout le monde
  • W — Weekend après weekend, la même table, la même patience
  • A — Aucun de nous ne t'a jamais assez remerciée

La deuxième : la liste. Chaque vers commence par la même formule. C'est la forme qui produit le plus d'émotion pour le moins d'effort, parce que la répétition crée un rythme sans qu'on ait à le chercher.

Poème-liste sur « Tu es celle qui »

  • Tu es celle qui se lève avant tout le monde
  • Tu es celle qui dit que ça va quand ça ne va pas
  • Tu es celle qui garde la dernière part pour quelqu'un d'autre
  • Tu es celle qui n'a jamais rien demandé
  • Et je suis celui qui met trente ans à s'en apercevoir

La troisième : le poème-souvenir. Trois strophes, trois âges. Ce que tu voyais enfant, ce que tu voyais adolescent, ce que tu vois maintenant. La forme raconte à elle seule le changement de regard.

Poème-souvenir, structure à remplir

  • Quand j'avais huit ans, je croyais que… (une chose fausse et tendre)
  • Quand j'avais seize ans, je trouvais que… (le reproche de l'époque)
  • Aujourd'hui je sais que… (ce que tu as compris depuis)

Trois règles pour ne pas rater

  • Ne cherche pas les rimes. Elles obligent à choisir un mot pour sa sonorité plutôt que pour son sens, et c'est ce qui rend la plupart des poèmes amateurs artificiels.
  • Emploie des noms concrets. Cuisine, tablier, téléphone, dimanche. Les mots abstraits — amour, bonté, tendresse — ne produisent aucune image.
  • Reste court. Huit à douze vers suffisent. Un poème long dilue le seul passage qui compte vraiment.

Et recopie-le à la main sur une feuille correcte. Un poème imprimé perd la moitié de ce qui fait sa valeur.

Questions fréquentes

Faut-il que ça rime ?

Non, et c'est même préférable que non. La rime force à tordre le sens pour attraper une sonorité, ce qui produit exactement l'effet artificiel qu'on cherche à éviter. Le rythme et la répétition suffisent.

Peut-on recopier un poème connu ?

Rien ne l'interdit, mais l'effet est très différent : ce n'est plus un poème pour elle, c'est un poème qu'on lui montre. Si tu tiens à un texte existant, cite-le puis ajoute quelques lignes de toi — ce sont celles-là qu'elle relira.

Que faire si je bloque complètement ?

Prends la forme-liste et écris dix phrases commençant par « Tu es celle qui », sans filtre. Garde les cinq plus concrètes, jette les autres. Le poème est fait.

Un poème suffit-il comme cadeau ?

Pour beaucoup de mères, oui, et c'est celui qui sera gardé le plus longtemps. Si tu offres autre chose, garde le poème séparé du paquet pour qu'il ne devienne pas une simple étiquette.